Bégaiement chez la personne âgée, quel accompagnement adapté ?

Vaincre le Bégaiement : Oser Parler

Le bégaiement est un phénomène qui existe à tous les âges, mais survient la majeure partie du temps chez l’enfant encore jeune. De multiples facteurs peuvent être la cause de ce dysfonctionnement verbal, mais suivi au bon moment, avec l’aide professionnelle d’un orthophoniste, il peut disparaître progressivement, au fur et à mesure de l’apprentissage langagier notamment.

Un handicap officiellement reconnu faisant partie des troubles de la diction

Considéré par l’OMS (l’organisation mondiale de la santé) comme un désordre émotionnel ou comportemental, le bégaiement est également reconnu officiellement comme handicap. Les chiffres concernant ce trouble de la diction sont conséquents mais rassurants. En France, plusieurs centaines de milliers de personnes seraient concernées par le bégaiement, et principalement des hommes. Parmi eux 8% des enfants en seraient les victimes principales, à un degré et une durée variables, 80% des cas se produisant dans la période clé de l’acquisition du langage. Ainsi, d’après des études réalisées auprès d’enfants commençant à bégayer, 8 sur 10 perdraient d’eux même ce léger trouble, au fur et à mesure du développement de leurs facultés orales et communicatives. Il n’y a donc pas lieu de s’inquiéter outre mesure, dès lors que ce phénomène reste passager. Au-delà de plusieurs mois, voire d’une année sans progrès notoire, il est alors fortement conseillé d’aller voir un orthophoniste pour évaluer l’ampleur de la situation et surtout comprendre ce qui se passe réellement. En intervenant régulièrement et à temps, un travail conjoint entre l’enfant et ses parents permettra dans la plupart des cas de rectifier les choses, notamment avant l’âge de 5 ans. Si le trouble persiste, il faudra alors l’accepter, et apprendre à vivre avec, car le bégaiement ne se soigne pas par traitement médical ou grâce à une opération chirurgicale. Une fois installé il reste et il faut apprendre à le contenir. Une personne officiellement considérée comme bègue le restera donc la plupart du temps pour toute sa vie, dans des proportions variables et évolutives cependant.

On ne commence pas à bégayer à l’âge de la retraite mais on apprend à vivre avec ce trouble

Les causes précises du déclenchement d’un bégaiement ne sont jamais faciles à évaluer, mais diverses raisons psychologiques peuvent en être les facteurs. Des études approfondies ont également permis de déceler un caractère héréditaire dans ce trouble de la parole. Quoiqu’il en soit, la majeure partie du temps, c’est pendant son enfance qu’une personne commencera à bégayer. Ce constat va donc nous permettre de mieux comprendre comment réagir avec une personne âgée victime de bégaiement. En effet Il est quasi impossible qu’une personne se découvre bègue à l’âge de la retraite par exemple. Un senior qui bégaie a déjà appris à gérer son handicap depuis de nombreuses années et il ne peut s’agir d’une pathologie supplémentaire venue se greffer à la liste des problèmes de santé propres à la vieillesse. La question n’est donc pas de savoir comment traiter le bégaiement chez une personne âgée, mais bien de l’accompagner, au quotidien, dans une période de la vie où la perte d’autonomie et de confiance vont grandissant.

Des activités d’expression et de détente pour permettre à la personne âgée bègue de s’épanouir

Car la confiance en soi joue un rôle considérable dans l’acceptation du bégaiement. Une personne qui bégaie veut dire des choses et s’exprimer, mais n’y parvient pas comme elle le souhaite. Or, une personne âgée qui sent chaque jour de nouvelles difficultés dans sa vie quotidienne, pour se déplacer, pour voir ou entendre, aura naturellement de plus en plus tendance à s’enfermer. Dans le cas d’une personne isolée, le maintien d’une vie sociale et d’une communication régulière par le biais de l’aide à domicile, d’intervenants divers, de commerçants de proximité, sera donc fondamental. Dans le contexte d’un EHPAD (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes), l’intégration à un nouveau milieu et à un autre réseau social sera le point crucial. Une personne bègue nouvellement arrivée dans une résidence devra en effet faire face au regard des autres vis à vis de son handicap. Trouver sa place en peinant à communiquer n’étant pas idéal, le personnel aidant et soignant pourra tenir un rôle essentiel, hors de tout contexte médical. L’animateur ou animatrice de vie sociale par exemple, pourra grandement contribuer à mettre la personne qui bégaie à l’aise dans un groupe. Par le choix d’activités variées valorisant la prise de parole ou l’expression en public notamment, dans un contexte connu et rassurant. Toutes les personnes âgées accompagnées par Mazette reçoivent une aide psychologique pour améliorer les chances de bien s'intégrer au sein d'une nouvelle résidence. En évitant la stigmatisation de la personne qui bégaie, et en lui permettant de se mettre en avant. Ainsi, des séances de gym douce, de yoga ou d’exercices de respiration auront un effet apaisant, des ateliers théâtre ou chant donneront la possibilité de faire disparaître le temps d’un instant le bégaiement. En effet paradoxalement, les personnes bègues, peuvent réussir à chanter une chanson ou jouer un rôle dans une pièce sans que leur trouble ne se manifeste. Marylin Monroe était d’ailleurs bègue et cela ne l’a pas empêchée d’avoir une brillante carrière !

De l’information et des ressources disponibles pour mieux comprendre le bégaiement

Concernant le personnel soignant ou aidant confronté à l’accompagnement d’une personne âgée qui bégaie, il sera extrêmement important de s’attacher au fond et pas à la forme. Prendre le temps et la peine de réagir sur ce qui est dit, pas sur la manière de le dire, permettra d’éviter de mettre la personne bègue en situation d’échec. De la même façon, même de façon bienveillante, un orthophoniste déconseillera de chercher à guider la personne par des consignes telles que : « prenez votre temps, respirez, soufflez », qui généreront plus de stress que de détente. En revanche, pour faciliter la communication il sera beaucoup plus adapté de garder un contact visuel avec la personne âgée commençant à bégayer. En se mettant à sa hauteur dans le cas d’un résident en chaise roulante par exemple, en lui tenant la main et en le regardant bien dans les yeux. Fort heureusement, il est aujourd’hui possible d’échanger sur le sujet et de partager son expérience en tant que personne bègue, parents ou proches, grâce à de nombreuses associations d’aides, de soutiens, de témoignages, de livres abordant le sujet. L’APB (association parole bégaiement) mettant notamment en ligne toutes les ressources nécessaires pour ne pas se sentir seul face à ce handicap.

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