Vaincre le Bégaiement : Oser Parler
On parle beaucoup aujourd’hui d’espaces ouverts en entreprise, censés favoriser la communication. Pourtant, pour passer d’une conversation à bâtons rompus avec un·e collègue à l’intervention devant tout le service, l’écart est réel. Plusieurs points changent et modifient les conditions de prise de parole :
A noter : Même sans bégaiement, beaucoup rapportent ces différences comme des sources de stress ou de blocage (Baromètre Cegos 2023 sur les pratiques de réunions en entreprise).
Face à ce contexte, plusieurs “pièges” s’installent facilement, parfois même chez celles et ceux qui se sentent plus à l’aise dans le privé. Voici les plus fréquents :
Le bégaiement s’accentue souvent à mesure que le nombre d’auditeurs·rices augmente ou que la situation devient formelle (source : Association Parole-Bégaiement, www.begaiement.org). Le simple fait d’avoir plusieurs paires d’yeux (et d’oreilles) braquées sur soi génère une sensation d’exposition. Cela enclenche :
En open space, tout semble “public”. La voix porte, on se sait potentiellement entendu jusque par des personnes extérieures à la réunion. Cela crée :
Une réunion d’équipe, en particulier quand elle regroupe des personnes de différents niveaux hiérarchiques, réactive parfois une impression de “test”. Surtout si la réunion est un passage obligé pour valider un dossier, prendre la parole sur son travail ou convaincre. L’attente implicite d’aller vite, d’être percutant, de “ne pas prendre trop de temps” aggrave la pression sur la parole.
Dans une discussion informelle, tu peux rebondir, t’arrêter pour rire, contourner une gêne, te permettre des flottements ou des reformulations. En réunion, il y a souvent moins de marge de manœuvre : on ne veut pas “couper” le fil, gêner le rythme, attirer l’attention. Cela peut renforcer la tentation d’éviter toute participation.
Il n’est pas toujours possible de prédire ou de contrôler la fluidité – mais on peut agir sur ce qui est sous contrôle :
C’est sans doute l’élément le moins “satisfaisant” sur le papier, mais probablement le plus aidant à long terme : accepter que la parole puisse accrocher, y compris en réunion, n’est pas un aveu de faiblesse. C’est choisir de continuer à parler même quand tout n’est pas parfait. Parfois nommer (“J’ai besoin d’un instant pour finir ma phrase”) permet aussi de désamorcer la gêne et de reprendre la main.
Situation : Tu dois faire un compte-rendu de 2 minutes en réunion, public élargi. Tu sens l’anticipation monter à l’avance.
Situation : La réunion s’emballe, une question te vise, tu dois répondre sans avoir anticipé.
L’entraînement en conditions progressives aide beaucoup :
Ce type de micro-exercices construit la tolérance progressive : parler malgré l’accrochage, ressentir que rien de grave ne se passe, et élargir peu à peu la zone de confort.